Films réalisés

1er février 2012

Elle perpétue la mémoire de ses ancêtres tsiganes exterminés dans les camps

Peggy, de Nanterre, témoignera demain au Mémorial de la Shoah, à Paris, d’un voyage dans les camps nazis réunissant Juifs et Tsiganes.








Nanterre, mardi. « Sur les vingt-deux frères et sœurs de mon grand-père paternel, il n’y a eu que cinq survivants », raconte Peggy Demestre. Elle est allée l’an dernier en Pologne dans les camps d’Auschwitz-Birkenau et de Treblinka, à la recherche des noms de ses ancêtres tsiganes, exterminés par les nazis. | (LP/F.H.)


Demain, Peggy fera partie de ceux qui témoigneront au Mémorial de la Shoah de Paris. Elle racontera son voyage en Pologne, l’année dernière, dans les camps d’Auschwitz-Birkenau et de Treblinka, à la recherche des noms de ses ancêtres, exterminés par les nazis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 250 000 et 500 000 Tsiganes auraient été exterminés.


Peggy Demestre, dont le joli visage et les yeux turquoise sont le fruit de quatre origines différentes (France, Hongrie, Italie, Allemagne), a appris le sort de son peuple par la bouche de ses grands-mères. La jeune femme, qui vit avec sa famille dans une caravane à Nanterre, a accepté de participer au voyage, où elle a retrouvé Laurent El Ghozi (élu et médecin de Nanterre), à la demande de la réalisatrice Anna Pitoun, dont le documentaire sur ce périple de cinq jours en Pologne sera justement projeté demain au Mémorial de la Shoah.


Il y a de la neige dehors, les canalisations ont claqué et le robinet ne fonctionne plus. Peggy fait du café avec une bouteille d’eau minérale et a poussé le radiateur électrique à fond.


« J’habite ici depuis dix-sept ans. C’est un terrain dont la SNCF n’a pas besoin. On n’a pas de souci avec eux », assure-t-elle. Sa mère, sa sœur, son frère et leurs enfants vivent aussi sur ce petit terrain, entre une route, la voie ferrée et une entreprise. Pas de voisins. « On vit à Nanterre depuis huit générations », rappelle-t-elle en déroulant son histoire proche, avant de remonter dans le temps.


Peggy a toujours entendu parler du génocide tsigane, à travers des drames familiaux : « Mes grands-mères m’en ont parlé depuis que je suis toute petite, se souvient cette femme de 37 ans. Du côté de mon père, les Demestre, c’était des Roms de Hongrie, ils ont été déportés et tués. Sur les vingt-deux frères et sœurs de mon grand-père paternel, il n’y a eu que cinq survivants. Dans la famille de ma mère, originaire d’Italie et d’Allemagne, ils ont plutôt été internés dans des camps pour faire des travaux forcés. La tante de ma mère était interprète pour les Allemands. » La visite des camps a enrichi sa mémoire familiale : « Tout ce que ma famille m’a raconté ici a été confirmé là-bas. Et sur place, on prend conscience de l’ampleur de tout ça… »


Pendant le voyage en Pologne, Peggy a rencontré des Tsiganes d’autres régions de France. Certains, contrairement à elle, ne connaissaient pas leur histoire. « C’était la première fois que des Tsiganes étaient invités, avec des Juifs, à cette visite des camps », souligne la réalisatrice Anna Pitoun qui, durant ces cinq jours, capte leurs réactions, mais aussi les échanges entre les participants, qui tentent d’expliquer d’où vient ce silence sur la déportation des gens du voyage. Le génocide des Tsiganes n’a été reconnu qu’en 1982 par le chancelier allemand Helmut Kohl. En France, une proposition de loi déposée en octobre 2012 par dix députés, dont Jacqueline Fraysse, députée de Nanterre, attend toujours d’être votée. Elle demande une reconnaissance publique du « génocide tsigane perpétré par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale », et sa commémoration chaque année.

Florence Hubin


Demain à 16h30, « Pologne, aller-retour », au Mémorial de la Shoah, 17, rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe). Le DVD est disponible chez Caravane Films (www.caravanefilms.fr) au prix de 12 €.

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